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Je suis le mage dans sa tour

Je flâne et mes pensées

Éphémères dessinent

A mes doigts une allée

Une allée vers une piscine

Et j’y cours et je nage

Je glisse dans le mirage

Affalé sur l’ondée

Badine

Jusqu’à la mer et l’ondine

Et je gis puis je tourne

La page et l’amer

La joie

En sourdine

Le soleil se cabre

Par la fenêtre je vois le soleil se battre avec les feuillages et les nuages. Il perd la bataille, il sombre, mais non sans éclat. Il se débat, il rejette les ombres. Sa rage est belle, il sombre.

Camarades !

Je vous appelle camarades
Car nous partageons tous
Le pain du temps
Et la camarde

Ready, steady, hurtle down into the future

we have yet to reach peak death, and we have yet to reach peak love
the highway dances into a freefall
smile, Happy, smile
vay 2017

Voeux 2016

Chères entités du domaine extérieur,

Douze jours se sont écoulés depuis l'anniversaire de la naissance d'Horus dans votre chronocratie. Le Temps Sacré touche à sa fin. Au nom du Conseil Instantané de l'Empire Intérieur, moins deux voix dissidentes, grâce soit rendue à la bouilloire, je vous félicite pour la mobilisation de vos sens ces dernières semaines. Enfin, ce qui a été pris à la terre y est retourné, moins l'impôt que constitue votre voyage.

En 2016, nous vous proposons un nouveau plan stratégique: PLUS PLUS.
Il y aura PLUS de jours, PLUS de veuleries qui remuent des lèvres, PLUS de Piña Colada et de White Russian en peignoir. PLUS de statistiques d'innocents, PLUS de guilis, PLUS d'accélération de l'entropie orthographique. PLUS de sourires mal faits, PLUS de cygnes noircis, PLUS de lumière douce de l'amitié. Ce qui aurait dû briller pleuvra. La tornoyade parcourra les terres.

Chacun d'entre vous pourra demeurer, une année de plus, citoyen des deux nations, la sienne et puis la nôtre. Une année de plus, chacun face aux abîmes, JE COMBATTRAI, NOUS VAINCRONS.

Gros bisous.

The importance of being alone

Lucas Yeat (R.I.P.) considered this collection of poems his greatest achievement.

What is it that we remember when we think of the poet, years after his passing? Mostly, his unabashed addiction to certain substances, including cheese of random quality.

I know in the right time I will meet Lucas again. We will all meet him again. Forever.

*

The importance of being alone, by Lucas Yeat, on Amazon (eBook).

Jakob speaks

Better poor and alive than rich and dead, or so the saying goes. I have a knack for making ends meet, but I am glad to be penniless by now. If any gold can burn one's hands, I have seen it, wished to own it like it was my very soul, grabbed it with a wicked smile, dropped it in a hurry and watched it burn from afar. The truth is, I would have burnt with it had my friends not pulled me away and dragged me in a place where greed is not that dangerous. No, the cells here are okay, really, and the master of the keys is not a bad man. I would just like to bathe a little more. Better poor and clean than poor and filthy.

First published the 10th of July, 2005 on http://achernar.over-blog.com/article-570961.html.

Forme de vie consciente

- En tant que forme de vie consciente, je demande à entrer dans le champ de votre empathie.
- Tu me dragues ?

Publié par Marmaduke le 10 juillet 2005 sur http://achernar.over-blog.com/article-571045.html.

Cathédrale

Les cieux sont d'arches suspendues
Et au-dessus de l'armature d'acier stellaire
Encore creusée de lumière
On ne trouve plus que de la pierre

Voilà ce qu'à trop regarder le zénith
J'ai vu derrière l'horizon nu
Et quitte à oublier l'eau et l'atmosphère
J'ai vu sous la nef une faux camarde
Refléter ses maux mythiques
Voici venue la vérité nue
La vie part comme un vœu
Je fus

Écrit en septembre 1995 et publié par Tous A Babylone le 7 mars 2005 sur http://achernar.over-blog.com/article-166480.html.

Aujourd'hui

Sous la pluie
Du matin
J'ai fourbi
En mon sein
Les secrètes
Mélodies
Que ma tête
Étourdie
M'a prêtées
Aujourd'hui

Écrit en septembre 1995 et publié par Tous A Babylone le 11 février 2005 sur http://achernar.over-blog.com/article-104568.html.

La solution finale

La nuit, silencieuse, engloutissait la ville. Presque personne ne se risquait dans les ruelles humides, sauf les sbires de l'ANCC qui patrouillaient dans leurs voitures rouges.
Jean se glissait dans les zones d'ombre lorsque les phares fantomatiques d'une bagnole de l'ANCC crissèrent sur le bitume. Il se dirigeait vers un hôpital abandonné, ultime asile pour les parias comme lui. Là-bas, il retrouverait ses amis, la plupart diplômés de l'ESIDI comme lui. Il n'était qu'à un pâté de maison de la cachette lorsqu'il vit le danger pourpre et bruyant qui fonçait sur lui.
Il n'avait aucune possibilité de fuite, coincé contre un mur, aveuglé par l'incendie des phares. Alors il s'avança hardiment. Les freins hurlèrent. De la bagnole surgirent deux agents de l'ANCC en uniforme rouge orangé.
Heureusement, son père lui avait prêté sa carte magnétique pendant sa convalescence. Son père, spécialiste international des gastéropodes auvergnats, était certain de conserver son travail. Jean brandit la carte. Mais l'agent patibulaire auquel il l'avait confiée, non content de l'examiner à l'œil nu, l'emmena dans la voiture. Jean comprit qu'il était perdu. Le scanner détecterait la fine pellicule de zorzonium qui déréglait l'identificateur psychique.
Il tenta le tout pour le tout. D’un coup de pied bien placé il plia en deux l'agent qui le surveillait, puis s'enfuit plus vite qu'il n'aurait cru possible. Sprint. Derrière lui, déclic. Éclair. Tonnerre. Mort.
L'agent rangea son flingue, satisfait. Il était payé au rendement. Un bac +3 sans travail valait une bonne prime à l'Agence Nationale Contre le Chômage.

Écrit en 1993 et publié le 7 février 2005 sur http://achernar.over-blog.com/article-98571.html.

Les fleurs de la nuit

Au plus profond d’un désert blanc
Terre des chants de glace
Le soleil a disparu de la face des mers
La lumière survivante ne fait plus de bruit
Pas un son pas de vie l'espace solitaire
Nul guetteur dans l'air froid rien ne fuit
Alors de la toile du ciel en silence
Descendent les étoiles sœurs et le croissant de lune
Lentement ils s'étendent dans la nuit
Et sur les dunes emplissent l'infini noir de leur magie
Nul spectateur à l'opéra de minuit
L'obscur a ouvert au cosmos
Une messe de poésie

Écrit en novembre 1994 et publié par Tous A Babylone le 3 février 2005 sur http://achernar.over-blog.com/article-90776.html.

Burp

Je secoue mon crâne en quête du craquement
Qui de ma fatigue tire son aliment
Je remue mon ventre à la recherche du gargouillis
Scolopendre Je ponds le saint sacrement guttural
Ce que le commun appelle un rot

Je mange des patates et des jambon-beurre
Je bâfre des pâtes et je bouffe comme au seizième siècle
P'têt bien que je suis un péquenaud de la planète Burp
Je m'étire les pattes comme si je débarquais tout juste de l'arche de Noé
Bonhomme je balade des yeux propriétaires sur tout ce qui traîne en cette basse terre
Je fais main basse sur une pomme et je baille à m'arracher la mâchoire
Et je me vautre dans des idées pas vraiment noires
Et j'engueule le temps qui passe pas assez vite
Pour me faire digérer les orgies de clémentines et d'andouillettes

Ecrit en décembre 1999 et publié par Tous A Babylone le 31 janvier 2005 sur http://achernar.over-blog.com/article-84502.html.

Matin d'hiver

Un matin glacé déployait ses splendeurs sur tous les horizons
La terre d'une blancheur de noces scintillait d'amour
Le ciel bleu s'évanouissait vers l'infini sombre
Un bruit d'air frais caressait la nature
L'or blanc abolissait l'herbe
L'hiver s'ouvrait au monde
Un peu de gel éternel
Un silence d'âmes
Calme

Écrit en mai 1994 et publié par Tous A Babylone le 23 janvier 2005 sur http://achernar.over-blog.com/article-72307.html.

Désir de la mer perdue

Sur le ressac clair
J'égrène mes notes amères
Et je rêve la terre disparue
Et l'immensité solitaire

Écrit en septembre 1995 et publié par Tous A Babylone le 21 janvier 2005 sur http://achernar.over-blog.com/article-68872.html.

Derrière les volets

Je suis une tortue renversée par cet après-midi qui s'étend jusqu'au fond de la nuit
Le soleil me touche mais je ne peux le cerner
Et la torpeur bâillonne ma bouche
Je suis né avec l'eau et l'été m'a lavé
Mon esprit se pelotonne contre lui-même

Ma peau t'attend
L'horizon est proche, très proche
Les secondes qui passent
Sont autant de cavaliers du plaisir
Qui galopent sur mon désir

Ma peau t'attend et je porte l'été
En moi je le porte comme on porte un bébé

Écrit en août 2001 et publié par Tous A Babylone le 20 janvier 2005 sur http://achernar.over-blog.com/article-67503.html.

N = R * fp ne fl fi fc L

Le monde est constitué d'espaces. L'un de ces espaces contient ma perception, et bien plus encore. Il contient aussi des millions d'agglomérats d'astres. Autour d'un de ces milliards de milliards d'astres tourne une sphère. J'ai demeuré sur la surface de cette sphère.
Avec mon aimée.

Écrit en novembre 2001 et publié par Tous A Babylone le 20 janvier 2005 sur http://achernar.over-blog.com/article-67508.html.

Sieste entre terre et ciel

Fraîcheur étendue sur l'infini,
Herbe verte sous ma peur
Tombée par terre sans un cri

Juin est chaud
Juin, comment peux-tu être si chaud
Envers moi ?

Les parfums se glissent dans ma peau
Les brins murmurent et s'immiscent comme des
Mille-pattes dans mon dos

Le soleil pique et je capture
L'ombre d'un pommier

Je crains ce qui s'avance
Au-dessus de mon somme
Le soleil danse
Comme une ombre sur mon sommeil

Ecrit en décembre 1999 et publié par Tous A Babylone le 19 janvier 2005 sur http://achernar.over-blog.com/article-65911.html.

L'oiseau de paradis

jeté sur une plage
corps
réveillé, surpris
ressac électrique
alors je fais du piano comme on fait son lit
je suis une île

mais je sais bien qu'en fait je suis
un petit oiseau de paradis
mon pays c'est la beauté
cette île ce midi n'est que l'endroit que j'habite

mais en me mirant dans le bleu du ciel
j'ai découvert que je n'étais pas cet oiseau
que cet oiseau n'était que ma présence, mon souffle
je me souviens qui je suis
je suis le murmure de la plume dans l'œil du printemps
je suis une chanson qui aura été chantée
[et que le bien-être étouffe]

Texte écrit en avril 2000 et publié par Tous A Babylone le 16 janvier 2005 sur http://achernar.over-blog.com/article-63153.html.

Quelque part

L'homme mange ou a le ventre creux
A la poitrine en cendres ou en feu
Peine à sa machine et grince et se fatigue
Et pourtant quelque part
Accroché aux rêveries de l'intestin
L'espoir
L'homme a encore envie de danser la gigue

Texte écrit en septembre 1995 et publié par Tous A Babylone le 16 janvier 2005 sur http://achernar.over-blog.com/article-57647.html.