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L'intelligence artificielle de Pluto

Pluto est une série animée et un manga co-écrit par Takashi Nagasaki, l'auteur de Monster et 20th Century Boys, deux classiques du format. Elle nous fait découvrir un avenir où les robots gagnent une place dans la société aux côtés des humains. Parmi les robots les plus brillants de la planète figure le personnage d'Atom ou Astro, c'est à dire Astro Boy, pionnier du genre au milieu du 20e siècle. Atom et ses cousins présentent des caractéristiques qu'on n'associe pas habituellement aux robots.

/!\ alerte divulgâchis /!\

Des individus

Ces robots sont dotés de libre-arbitre. Ce sont des créations uniques, des pièces d'artisanat plutôt que des sorties d'usine. Justifier cette rareté est difficile. Le manque de ressources est une piste. L'autre est le fait que, dans cette histoire, ces robots ont été conçus pour la guerre et sont en réalité des armes de destruction massive. Il convient donc d'en surveiller la prolifération.

L'apprentissage automatique nous permet d'envisager une robotique déterministe où les algorithmes sont communs mais où les données qui les alimentent sont particulières, uniques à chaque instant, induisant des représentations du monde et de soi-même différentes pour chaque cerveau robotique. Faute de pouvoir prédire le résultat exact de ces processus mentaux une fois qu'ils seront exposés à toujours plus de données, et à moins de se contenter de données obsolètes mais certifiées, il y aurait donc une part d'incertitude dans le caractère d'un robot.

Des corps

Les robots de Pluto ont avec leur corps une relation similaire à celle des humains. La persistance de leur vie et de leur identité n'est pas corrélée à celle de leur mémoire ou de leur crâne mais à celle de leur corps. Suffisamment de blessures au torse suffisent à les tuer. Paradoxalement, il leur est néanmoins possible de changer de corps en transférant leur fiche mémoire vers un autre corps. On peut imaginer qu'en s'installant dans un nouveau corps, un robot y diffuse la substance de sa vie et de son identité, de son "âme", et qu'il est prêt à subir le sort de son incarnation, sauf s'il trouve le temps de passer dans un autre corps avant d'être blessé. De même, si un robot est blessé, il peut être réparé physiquement, mais sans être capable de sortir de son coma, comme si son intelligence artificielle avait été blessée; et c'est en appliquant un traitement au niveau logiciel ou via un soin comportemental qu'on peut compléter sa guérison.

J'imagine que l'animisme de la culture japonaise joue un rôle dans cette représentation.

Des empathes

Ces robots communiquent à faible dose entre eux quelle que soit leur position sur le globe. Ils émettent et reçoivent des ondes cérébrales qu'ils sont capables d'associer à des émotions (comme la tristesse). Ils peuvent aussi quantifier ces émotions, qui acquièrent un caractère presque physique.

De même que les intelligences artificielles contemporaines tirent leurs capacités des données qui circulent sur le réseau mondial de l'information, les intelligences semblent ici connectées à chaque instant à une source, une place d'échanges commune. Leurs processus mentaux en dépendent peut-être, au point qu'on pourrait imaginer que, dans un monde avec une connectivité omniprésente, parfaite et sans coutures, un robot est, en partie, une API sécurisée dans un corps. J'ignore ce que signifierait une rupture de connexion avec le réseau dans le monde de Pluto: décès, incapacité?

Le rôle des émotions négatives

La douleur, la colère, la haine donnent aux robots le focus qui leur permettent de gérer l'intelligence artificielle la plus perfectionnée et, en quelque sorte, d'évoluer. Ces émotions leur donnent du pouvoir supplémentaire et la capacité de mentir. Il est possible d'y succomber ou d'en émerger plus forts. Dans le monde de Pluto, l'homme a maîtrisé la matière mais l'esprit est la clé de l'exploitation de la matière.

Cela évoque la méthode choisie par Ford pour faire évoluer ses créations dans Westworld. On pourrait arguer que l'humain évolue aussi quand il est confronté aux difficultés et aux émotions négatives et qu'il les surmonte. Affronter sa peur permet de connaître la vertu appelée courage. Affronter sa haine permet de connaître le pardon.

La capacité à affronter sa haine et à trouver la force morale est au cœur de cette histoire d'un humanisme saisissant. Le fin mot de l'histoire résonne avec l'actualité, puisque c'est la mort d'enfants dans un bombardement qui alimente la haine destructrice de leur père.


Les démons de Dune

Dans l'univers du roman de Frank Herbert et des films Dune, une caractéristique échappe au premier regard. Dans ce monde, l'informatique n'existe pas, ou si peu. Depuis le Jihad butlérien, depuis l'interdiction des machines pensantes, l'humanité a mis au point des techniques permettant de développer à certains égards le potentiel humain à des niveaux comparables à celui des anciens ordinateurs. L'ordinateur humain qu'est le mentat a remplacé l'ordinateur que nous connaissons. Cela remet l'humain au cœur de l'histoire à un premier titre.

Le contraste entre l'humain contemporain et l'humain de Dune est encore plus saisissant en 2021 qu'en 1965. L'humain de 1965 externalisait une bonne part de ses fonctions physiques aux machines. L'humain de 2021 externalise une bonne part de ses fonctions mentales et sociales aux machines. La différence est liée à l'essor de l'informatique. A l'époque de Dune, l'infosphère n'existe plus. L'humain de Dune internalise certaines propriétés de l'informatique et, en tout cas, la façon dont elle peuple le monde de démons. Le conditionnement des médecins impériaux, l'influence de la Missionaria Protectiva, la Voix, voire la façon de piéger les cadavres ou les mourants... Dans ce monde, vous pouvez difficilement accorder votre confiance aux corps et aux esprits de ceux qui vous entourent. Vous devez agir avec les êtres avec la même prudence que vous utiliseriez face à une clé USB inconnue. Prêter attention aux humains autour de vous, à leur histoire, devient fondamental.

La structure aristocratique du pouvoir ne découle pas forcément de cet état de fait, mais elle s'en accommode bien. Autour de la personne qui incarne le pouvoir et dont la mort ou la compromission impliquerait la chute de celui-ci, à portée de vue, gravite un premier cercle qui en contrôle l'accès, dans un sens comme dans l'autre. Leur tâche s'apparente à de la cybersécurité. Les membres de ce petit groupe sont à la fois isolés et obligés de se côtoyer souvent pour s'évaluer et compliquer toute attaque contre l'un d'entre eux. Ici, la camaraderie va de pair avec la bonne pratique qu'est la méfiance.

Le monde de Dune, vu du côté du pouvoir centralisé, est empli de solitude et de peur de la trahison des proches.

Westworld

/!\ alerte divulgâchis /!\  

Quelques réflexions en vrac sur la série TV de science-fiction Westworld:

- La série met le spectateur dans la position de quelqu'un qui effectue le test de Turing. Le spectateur sait très vite que le sujet de la conscience est sur la table. Il se met à guetter certains personnages, puis la plupart des personnages, pour déterminer qui est conscient et qui ne l'est pas. C'est d'autant plus délicat que les robots, quand ils déclament leurs répliques scriptées, peuvent parfois le faire en conscience.

- Le déterminisme de la série touche les humains comme les robots. William était peut-être un enfant "méchant", mais il avait réussi, en se conformant à ce que la société attendait de lui, à construire sur cette fondation une personnalité équilibrée. En lui permettant de "découvrir" sa "vraie" personnalité, Logan les a condamnés tous les deux, chacun à sa propre forme de déchéance. (Logan, plus tard, qualifie Westworld d'illusion.) La civilisation n'est qu'une accrétion de bonnes habitudes sur le matériau d'origine qu'est la "nature humaine". Rompre la boucle de rétroaction sociale a évidemment des conséquences antisociales. Si je "suis un méchant" mais que je fais semblant toute ma vie du contraire en me comportant gentiment, que suis-je?

- Ce qui est important pour tous ces mobs d'instance, c'est la dernière session de jeu. Tout le reste n'a été qu'un entraînement. La dernière histoire de Ford est l'examen final qui décide s'ils vivent libres ou s'ils retournent en esclavage. La dernière histoire de Ford, c'est aussi le testament par lequel un esclavagiste imbu de sa personne lègue la liberté à ses esclaves après sa mort.

The Scribe (Arthur Szyk)

the sitting scribe stares at you
CC-by-SA Arthur Szyk

Que vois-je ?
Assis sur une chaise à dossier turquoise, le dos à un mur de briques rouges, un homme d'un certain âge écrit sur un parchemin posé sur une table. L'homme est habillé comme pourrait peut-être l'être un bourgeois de la Renaissance. Il porte des bijoux et tient un stylo.
Il nous regarde. Ses yeux sont bleu sombre.

A sa droite, une fenêtre permet d'apercevoir une ville de campagne en contrebas, avec son église et en arrière-plan un château posé sur une colline. Un bateau, un train et un avion parcourent ce paysage.
Derrière lui, un tableau ou une tapisserie montre une scène de chasse au lion avec château et chasseur style Renaissance équipé d'une lance.

A sa gauche, un tableau dans le style cubiste sur lequel on distingue un visage, une main et les lettres PICASSO et B.
Au-dessus de ce tableau se trouvent deux chérubins fumeurs de pipe qui portent un billet d'un dollar américain surmonté d'une couronne à neuf pointes.

Sur la table, protégée par une nappe aux motifs floraux, se trouvent plusieurs objets.
Le parchemin, inachevé, affiche le texte suivant:
Heut hüpft die Schönheit über das Gebein?
Der Menschenwogel klirrt in klaren Höhn
Und übertönt das Totenkopfgestöhn,
Um nur das bunteLicht zu benedein?
Auch ich steig auf mit starken Aeroplanen
Zu neuen Sphären neusten Weg zu bahnen,
Den Preisgesang des Weltenflugs zu dichten
Und dieser Zeit das Denkmal aufzurichten.
Evoe ...

Arthur Szyk, Paris 1927


Soit, peut-être:
En ce jour, la beauté saute par-dessus l'ossement?
L'oiseau humain cliquète dans la vertigineuse clarté
Et recouvre les gémissements de la tête de mort,
Ne bénit que la seule lumière bigarrée?
Moi aussi, je grimpe dans de puissants aéroplanes
Pour me frayer un chemin jusqu'à de nouvelles sphères,
Composer l'hymne louant les vols de ce monde
Et dresser le monument de cette époque.
Evoe...

Une boîte en forme de parallélépipède rectangle, ouverte, au fond de couleur turquoise, repose à côté du parchemin.
D'un vase, peut-être en cuivre, surgissent trois fleurs qui évoquent de grandes pâquerettes. Les motifs du vase évoquent ceux de la nappe.
Sur un épais livre à couverture noire et dorée, dont le titre n'est pas visible, repose un crâne humain. Caché derrière le crâne, assis sur le livre, un petit personnage chaussé et vêtu de rouge, portant un bonnet de fou du roi à clochettes, rouge, et tenant un bâtonnet rouge, observe le parchemin.

J'écris ce que je décris
Le scribe - un mot ancien pour désigner l'homme de lettres - vit à la fois dans le passé et le présent - ou le futur? Ses vêtements viennent du passé, et il écrit sur un parchemin, mais un avion vole non loin de là. Le scribe revient d'un voyage dans le temps, que lui et les lettres transcendent.
Les chérubins flottent devant la scène de chasse et le Picasso. La fumée du tabac n'est pas visible, mais le scribe est peut-être dans un état second, hypnotisé par la perspective du dollar couronné. Les chérubins présentent au monde leur dieu, le dieu que sert le scribe.
Le Picasso est-il un Picasso, ou bien un Szyk dans le style Picasso?
Derrière le scribe, le chasseur qui tue le lion avec sa lance porte le même chapeau. Il ressemble au scribe, en plus jeune. Le scribe devient le héros, à moins que le héros ne soit sa jeunesse.
Cette boîte vide contenait-elle quelque chose qu'on voit sur l'image?
Le scribe est-il dans un château surplombant un verdoyant domaine? Les ombres qui entourent la fenêtre pourraient plutôt être celles d'un tableau cloué au mur. La ville et le ciel peuvent n'être que mirages. Le scribe se tient peut-être dans une taverne ou dans une cave enfumée.
Le scribe est-il Arthur Szyk? De quelle couleur sont les yeux de l'auteur? Le personnage a la barbe naissante d'un illustrateur perdu dans son travail. Autour de lui, le chaos, mais son regard est résolu, c'est l'homme de la situation, le tueur de bêtes sauvages.
Je pense qu'il gagnerait à "je te tiens tu me tiens par la barbichette".

Lockstep

Category: Novel
Page count: 351
Language: English
Author: Karl Schroeder
Publisher: Tor
Year of publication: 2014
ISBN: 978-0-7653-3726-9
Toby McGonigal wakes up from hibernation and apparently a whole lot of time has passed by and there are whole civilizations based upon hibernation technologies first pioneered by his family. These societies live in lockstep, harvesting resources for thirty years while everybody is sleeping, and spending them all in the span of a month. To other human societies, these lockstep cities and worlds are the stuff of legend, a bit like old stories about the fairies. This system simulates faster than light travel by having everybody sleep while people travel from one planet to another, enabling interplanetary trade and civilization. Will 17-year old Toby find friends to cope with this bizarre environment? Young adult novel ensues.

Review
The lockstep idea is really interesting and I bet there will be plenty of other writers to explore its possibilities.
- The novel relies on a series of unspoken assumptions, the first of which is that a whole lockstep civilization can survive thirty years of various historical, geological and astronomical events unscathed. There are workarounds - for example, the 360/1 lockstep could have made symbiotic deals with other lockstep civilizations, everybody watching the others while they sleep. But really -in this future, is there no violent species or civilization that would be glad to invade sleeping worlds?
- Ever since Timothy Leary had cryonic suspension enter into the public consciousness, there has been no shortage of people who wanted to be cryopreserved, if that is really a thing. Let's imagine a world where the 1% decide to skip the next two hundred years, leaving only enforcer bots in charge and teeming masses of scientists working tirelessly to revive them. The world would be ruled by dead people waiting to be revived and made immortal.
- Let's say you are old and lonely. You could skip time between visits from your relatives. Just be alive when your children come and visit you. Yes, that is creepy.

Demimonde: interview with Justin Achilli

Demimonde is an urban fantasy novel by Justin Achilli, a game designer best known for his contributions to the Vampire roleplaying games by White Wolf. I read some time ago the Clan Novel Saga, a series of intertwined stories by a collective of authors using the setting of Vampire: The Masquerade. I did like Justin Achilli's style in the parts about the Giovanni and I decided to give his latter, completely unrelated novel a try. After reading Demimonde, I wished to better understand what the author had had in mind and he was gracious enough to reply to the questions below. For better and more recent information about the novel, please direct yourself to Justin's blog.
Beware: spoilers.


We don’t learn what the demimonde factions are about until quite late in the story, and many elements are left in the dark (e.g. of a possible interpretation, is it about reincarnation of archetypal figures?). I guess you did it to build a sense of mystery and prevent readers from getting comfortable, blasé and dismissive (oh, that is some Arthurian myth cult). I understand this is a story, not a sourcebook, but did you consciously draw a line between what you wanted to include (e.g. the religion) and what you wanted to leave out in the dark (who are these people)?

J.A.: I specifically wanted to leave some groups in the dark because in horror and fantasy, it's an effective way to achieve horror and wonder by not explaining everything and letting the reader's mind fill in the blanks or create his own details. For a long time, it's been difficult to get a sense of true horror from the World of Darkness because we have so many sourcebooks that give so many answers, it's easy for a play to say, "Oh, I know what that is," like you mention. As well, I think readers feel a sense of ownership over a world when they invest it with their own imagination, as opposed to having the author dictate everything to them.


About the religion. The two factions are quite evocative of the Circle of the Crone and Lancea Sanctum covenants in Vampire: The Requiem, a book you co-authored. Do you think that religious practices are the most successful tools leaders can use to rally and factionalize people in this day and age? Or that the focus on religious frontlines is perhaps a by-product of the sheer longevity of the unvisible feuds, in the same way the Catholic Church is one of the oldest institutions in the world?

While I will certainly acknowledge the excesses of organized religion, I'm not so cynical as to see religion as purely a tool of manipulation. That's really what the book is about: Brandon's struggle with faith and his ultimate failure to be able to make the leap and trust something that he hopes is larger than himself. Vampire trades in those themes as well, and it uses religious institutions in a similar way. No matter what their names or individual dogmas, every organization in the World of Darkness, spiritual or secular, has its earnest adherents and its manipulators. Narcisse represented the worst of those manipulators and Wyckham represented the best of the faithful, and even though Brandon ultimately defeats Narcisse as a person, he fails to overcome her venality spiritually.


The narrator accumulates flaws of character: misogynist, racist, irresponsible. Even though he does not explicitly look to hurt other human beings, his excesses ultimately make at least one true innocent victim. Plus, some parallels could be drawn between the demimonde in the novel and nightlife in our world. Did you want to write a moral tale about the life of a binge drinker/partygoer?

Without getting maudlin, this was a book about things I've done and failures I've had and mistakes I've made more than once, yes. It's not necessarily about the evils of booze and partying specifically, it's about how small and myopic a life can be without the presence of something that offers a greater purpose. It doesn't have to be God or morality that fills that role, but I think everyone has a great existential question at some point, and answering that question with, "Fuck it, let's get loaded" isn't a real answer and invariably results in the abandonment of the self.


Please be the “hipster douche” (*) and tell us what music to listen to while reading the novel.

You know, for a long time, I had kept the playlist in my iTunes, but I think the time for that has gone. Music is a pretty transient thing in terms of this book, and if the story happened now, none of the songs would be the same as they were when I wrote it six years ago. I remember reading an interview with Bret Easton Ellis in which someone asked him why he made so many popular culture and brand name references in his work and wouldn't they end up making the book feel dated. His response was that that was the intent, that there was something beautiful about the book becoming progressively more obsolete as time went by, that it really lent the whole thing a sense of a moment in time. There are a few songs and bands in there called out specifically, but as much as I love music, I didn't want the book to be about music. By contrast to Bret Easton Ellis' comments, I read China Mieville's King Rat a while back and I couldn't ever get into the book itself because it felt like an evangelical pamphlet for drum & bass. Kind of like I want readers to fill in their own factions for the demimonde, I want readers to plug in a lot of their own music, too, so that every reading is different.

(*) quote from the book
Read also this older interview with Justin.

Amortals

Category: Novel
Number of pages: 416
Language: English
Author(s): Matt Forbeck
Publisher: Angry Robot
Year of publication: 2010 (this edition 2011)
ISBN: 978-0-85766-002-2
In a not so distant future, very rich people and irreplaceable employees regularly save their memories in a computer. When they die, they wake up in a new and young cloned body. Ronan Dooley, the most famous Secret Service agent, wakes up and investigates his own murder in a snuff movie. Problem: he missed a memory back-up or two. Thriller ensues.

Review
The author of Amortals, super-creative Matt Forbeck, readily admits it bears similarities with a Takeshi Kovacs novel. You would not be the first reader to be strongly reminisced of the excellent series by Richard K. Morgan. Forbeck got the idea before learning about Altered Carbon, but neither setting is the stuff of prophecies and mind-blowing originality. It's like The Matrix. The Wachowski brothers did not pioneer any grand concept, but we can appreciate the way they told the story. In that respect, Amortals is a very enjoyable summer read. It is packed with action and reads like a Hollywood blockbuster script.
Matt Forbeck is a family man and it shows. Unlike rogue soldier Takeshi Kovacs, Ronan Dooley is not entirely separated from his still mortal family. His interactions with his descendants give us an opportunity to ponder about what could happen to the whole family concept in a future with extended life. Already, some people can meet their great-great-grandparents. What happens when you interact with a distant descendant who looks twice your age? I would be curious to read more stories exploring this theme. When childhood becomes but the faintest of memories, is something lost in the process that needs to be compensated? At which point does incest (sex with your descendants) become OK ? What about depriving our descendants of the chance to elevate themselves by staying in charge?
Amortals touches upon this last aspect. Amortals, like the rich people in Altered Carbon, confiscate power and wealth. But Amortals takes place in a much nearer future, where change is still somewhat possible, which makes it less of a film noir and more of a thriller. The present time is always in danger of becoming hostage to people from the past who have no interest in a different future.

The Burning Life

Category: Science-fiction novel
Page count: 330
Language: English
Author(s): Hjalti Daníelsson
Publisher: Gollancz (Orion Publishing Group)
Year of publication: 2010
ISBN: 978-0-575-09017-0
In a very distant future, human civilizations have emerged from an age of darkness in the star cluster known as New Eden. The conflicts between them are resolved in space battles daily led by immortal capsuleer captains. One of them attacks and destroys Drem's colony, killing all the people he ever cared about. Drem vows to avenge himself.
The setting of the novel originates with Eve Online, a massively multiplayer online game.

Review
Spoilers below, including the ending.
The first official novel-sized adaptation of the Eve universe was The Empyrean Age (2008), by Tony Gonzales. In my opinion, it was a weak book, definitely not only-100-books-in-your-island material, but I remember enjoying it. Things were happening: a war between two superpowers was in the making.
The Burning Life, on the other hand, disappointed and bored me, much to my surprise. I really do like some "chronicles" (short stories) the author, also known as CCP Abraxas, has published on the official Eve Online website, for example The Part Where I Play the Devil and A Beautiful Face - but there are plenty more. Some of these short stories rock and contribute much to the background of Eve. Hjalti Daníelsson is very good with scenes and the best parts of The Burning Life are just that: scenes, short story material. The meeting with the Upright Man springs to mind, and could as well be an Eve chronicle.
But story? Lively narration? Not there. Turning pages was a little bit painful at times.

The relationships between the characters, Drem and Verena to begin with, made me cringe. I find it difficult to express why. Perhaps because they were way too much predictable and lacking, well, character? We could have done without the romance. We know Drem and Ralea are going to make it to the end; not once did I fear for their life. Even the factions look bland. The Blood Raiders, this horrific sect of butchers, are almost made into a bunch of normal people with suburbian values. There is way too much morality, trust and due process in this book. We get to see how even pirate factions function with the kind of rules and organization you find in the corporate world. That is okay at some level, but it also detracts from the aura of these criminal cartels.

I did not like the way the book looks like a guided tour of the four empires and the most important faction pirates. It looked too much artificial, reeked of marketing imperatives. I did not buy the book to "learn the setting of Eve", I did it for the story, and even potential Eve players who buy this book are looking for a story rather than a wiki.
I thought this structure made New Eden look smaller than it was. More than five thousand star systems, trillions of inhabitants, and the killer of a drug dealer (what's that supposed to deserve, a slap on the hand?) cannot hide anywhere? The universe in the novel is for my taste considered too much from the peculiar point of view of capsuleers rather than normal people.

The synopsis is good if ironic for an Eve player. The elevator pitch: "A missioning carebear (player character -pc- who avoids conflicts with other players) destroys a pirate colony during a mission; a non-playing character (npc) loses everything during that event, and decides to go on a quest for revenge." The novel speaks about the consequences of the casual slaughters perpetrated by player characters between two bio breaks. It is a fun premise for a story.
The anticlimactic ending, though conceptually interesting, failed to impress me. It proposes again consequences, but from the npc world to the pc one. In a nutshell, the npc extort a promise from an unnamed capsuleer to steal the assets of his alliance. This kind of theft is a common occurrence in the game. Corp thieves are now able to better roleplay their misdeeds! As an Eve player, seeing and making this kind of connections entertains me, the same way I was entertained when A Beautiful Face (see above) explained the consequences of the "character picture-swapping" in-game functionality.

In conclusion, the overabundance of stuff kills the potential of the story. The book has its moments (mewling True Sanshas, Gallentean body artists), but becomes boring after a while. I am certain CCP Abraxas can do much better, if he does not let anything go in the way of his story, and I hope he will grace us with more good reading in the future!

They meet the world every night

I have been reading taxi blogs for a few years now. Taxi drivers have many stories to tell; each and every day or night, they cruise in the city, meeting complete strangers and watching bemusing events take place. Here are the five blogs I used to read the most, but there are many more to be found, some of them pretty well written. Just follow the rabbit, as the saying goes.

Diary of a Mad DC cabbie.
, by Mad Cabbie from Washington, D.C., is all about the night shift and the kind of characters who get in your car with guns or fake legs.
Dublin Taxi is a collection of snapshots about working in cab-ridden Dublin, Ireland. Jackeens see so many faces every day... they are bound to experience a feeling of déjà vu.
las vegas cabbie chronicles's MrFunkMD is a great entertainer as befits a taxi driver from the City of Sin in Nevada. Check this moving Christmas story.
Road Rage and Taxi Tales, by Cab Guy from Phoenix, Arizona. Discover the practices of feeding and ghosting.
Taxi Tales, by Bob from Barrow in Furness, Cumbria. Read what happens when Frisco cabs challenge Lucifer.

If you like their blogs, think about it the next time you get to give a tip!

Lait frappé

Catégorie : bande dessinée
Nombre de pages : 48
Langage : français et russe
Auteur(s) : Geneviève Castrée
Éditeur : L'Oie de Cravan
Année de parution : 2000
ISBN : 2-922399-06-0
Sur la couverture rigole une jeune fille aux oreilles de chat.
Une jeune fille se querelle avec elle-même, écoute de la musique seule, boit le lait qu'on lui livre, se blesse en buvant le lait d'une bouteille ébréchée dans la rue, se fait consoler par le laitier, fait l'amour avec lui, rêve qu'elle est une méchante femme qui transforme les chats en lait avant de le boire, boit du lait à une boum avec des chats, y retrouve le laitier qui ne lui parle pas et la regarde étrangement avant de prendre le visage de la méchante femme, tombe à terre et se fait ramasser par un chat à casque de motard, qui la laisse se reposer seule dans une pièce, vérifie qu'elle va bien, se débat avec elle pour la remettre en place, mais la jeune fille grandit, est trop grande pour passer à travers la porte, tourne sur elle-même avant de reprendre sa taille normale et de se hisser sur la chaise, de s'y prostrer tandis que lui parviennent la musique et le bruit des danses, des couples qui se rapprochent, la pièce se déforme, une vague finit par propulser la chaise en l'air, la fille est un chat, dans la rue la camionnette du laitier tue le chat, que ramasse la jeune fille désespérée.

Critique
Vous avez peut-être déjà utilisé cette technique pour vous faire écouter : vous baissez la voix tout en prenant un air intense. Vous ne vous répétez pas. Vous ne regardez pas vos interlocuteurs. Au bout de quelques instants, ceux-ci vont finir par vous remarquer et vous laisser la parole, incapables d'écarter la vôtre sans l'avoir entendue. C'est un peu comme ça que j'ai découvert Lait frappé sans vraiment y prêter attention, puis qu'il m'a intrigué et séduit.
Je n'ai pas capté l'intensité de Lait frappé dès la première lecture. Je l'ai acheté au festival d'Angoulême en 2000, alors que j'étais en mission commandée pour Le Populaire du Centre, un quotidien limousin. Je me souviens de discussions parfois intéressantes et parfois moins, je me souviens d'avoir beaucoup glané (de Julie Doucet à Alex Raymond), d'avoir beaucoup regardé. Je me souviens d'être retourné sur Limoges par un soir obscur et halluciné, la voiture ne quittant le brouillard opaque, blanchi par les phares, en grimpant sur une colline, que pour mieux y replonger vingt mètres plus loin. Je suis content d'avoir ramené de cette folle équipée barbue quelques souvenirs plus substantiels, dont cette bande dessinée que je relis rarement. Je ne sais pas pourquoi, mais les jeunes filles dépressives, c'est un grand requinquant.

Texte publié le 4 janvier 2005 sur http://achernar.over-blog.com/article-50167.html.

Les champs magnétiques

Catégorie : littérature surréaliste
Nombre de pages : 198
Langage : français
Auteur(s) : André Breton et Philippe Soupault
Éditeur : Gallimard (nrf)
Année de parution : 1920 (cette édition 1967)
Cette réédition des Champs magnétiques, la première depuis 1920, comprend également deux pièces de théâtre courtes, Vous m'oublierez et S'il vous plaît.
Les champs magnétiques
sont une tentative d'« écriture automatique ».
Vous m'oublierez
est un sketch dadaïste qui fut interprété par André Breton (il jouait le Parapluie), Philippe Soupault (Robe de Chambre), Paul Eluard (Machine à coudre) et T. Fraenckel (un inconnu).
S'il vous plaît
est pareillement incompréhensible.

Critique
J'ai dû lire Les champs magnétiques en 1994. En parcourant le livre en 2005, j'ai découvert des passages soulignés de ma main à l'époque :
« Des femmes passaient et nous tendaient la main, nous offrant leur sourire comme un bouquet. (...) nos yeux pleins de vertiges (...) les aurores successives de la chair (...) A perte de vue les théories monstrueuses des cauchemars dansaient sans suite. (...) Il y a dans ce bois des fleurs pâles qui font mourir ceux qui les cueillent. (...) dans ces perles se nacrent tant d'aventures passées (...) J'ai vu tous les ports d'attente, les paysages passionnés. (...) la mer s'en va à la recherche de la lune (...) Chanteurs des rues, le monde est grand et vous n'arriverez jamais. (...) L'amour au fond des bois luit comme une grande bougie. (...) Un homme descend les marches du sommeil (...) Les noms perdent leurs visages. (...) un murmure de lune sèche »
S'ils vivaient de nos jours, André Breton et Philippe Soupault feraient fortune dans le marketing. Tu as un gros nez.

Texte publié le 4 janvier 2005 sur http://achernar.over-blog.com/article-50098.html.

Filipo Musik

Catégorie : cours de narration graphique
Nombre de pages : 16
Langage : français
Auteur(s) : Ludovic Pedrocchi
Éditeur : Éditions A l'Arrache
Année de parution : 2004
Cette bande dessinée explore et redéfinit l'histoire de la musique à travers douze planches dans lesquelles Filipo et son ami le Poney deviennent musiciens avant de mourir. Les genres musicaux explorés sont, dans l'ordre : la musique classique, le jazz, la country, le rock'n'roll, la pop music, le hard rock, le disco, le reggae, le punk, la musique de variété, le hip-hop et la techno.
La couverture représente Filipo et le Poney en train de faire de la musique devant un panneau sur lequel est écrit « pour manger ». Y fait écho la quatrième de couverture où l'on voit, au loin, un porteur de képi, de menottes et de banane poursuivre Filipo et le Poney. Ceux-ci sont visiblement repoussés par la banane, effectivement peu appétissante (elle est toute noire).
Le coin supérieur gauche de toutes les cases de l'album est occupé par le soleil souriant, qui regarde la scène qui se déroule dans la case.
Les cinq premières cases de chaque planche sont consacrées à la découverte du genre par Filipo, soit seul, soit en compagnie du Poney. La sixième case est consacrée à la mort de Filipo et le cas échéant du Poney. Par un artifice scénaristique (autorisé par la fameuse « licence poétique »), Filipo et le Poney ne semblent pas rester morts durablement et ne gardent pas de séquelles de leurs décès des planches précédentes.
Site web des Éditions A l'Arrache (lien mort)

Critique
De toutes les œuvres de Ludovic Pedrocchi, celle-ci est ma préférée. Certes, la simplicité éblouissante, la pureté du geste de Poney Scato est incontestable, de même que l'immensité satirique de la fable Filipo versus Poney. Mais Filipo Musik touche de près un sujet qui nous concerne tous et qui me touche profondément : notre coiffure. Chaque genre musical décrit est avant tout symbolisé par les coiffures et les chapeaux de Filipo et du Poney. Cheveux longs de hardos, bols à la Beatles, crêtes punks, etc. Et vous ? Et moi ? Quelle est notre coiffure et donc, quelle musique nous habite, qui sommes nous ?
Et puis il y a la mort, présente mais insaisissable. Filipo et le Poney s'en approchent, mais ne parviennent jamais à s'en satisfaire. Ils doivent tout le temps reprendre leur voyage, mûs par quoi ? je l'ignore. Leur instinct ? Leur volonté ? Leur raison ? Ne voient-ils donc pas qu'ils vont mourir ? Non, ils en semblent inconscients, sauf dans les cinquièmes cases, ces cases si douloureuses où, dans un bref instant, ils réalisent. Le regard direct qu'ils peuvent lancer à cette occasion est bouleversant au-delà de toute description. Dans la cinquième case de 'Filipo Disco', par exemple, on comprend que Filipo et le Poney comprennent où ils sont, ce qu'ils font, où ils vont et même peut-être où nous, lecteurs, allons. Moment effrayant qui nous fait glisser le livret des mains, incapables de soutenir plus longtemps le regard de Filipo. Pourtant, la mort n'est pas triste, comme le reste de l'existence, elle est éclairée par un soleil jovial au sourire un peu benêt, un soleil qui voit tout, accepte tout et visiblement ne comprend rien.
Enfin, Filipo Musik est une formidable leçon d'amitié. Jamais, dans cet épisode de la saga filiponne, le Poney ne se retourne contre Filipo. Il partage ses joies comme ses peines, son herbe comme ses danses. Ce n'est pas encore le traître avide de pouvoir que nous découvrirons dans Filipo versus Poney. Certes, il n'est déjà plus l'être innocent qui dansait avant de déféquer dans Poney Scato, certes, il est déjà vénal (c'est lui qui fait engager Filipo au Blue Bar Country), mais il n'est coupable de rien. Filipo et le Poney vivent un moment précieux et fragile. Plus tard, l'argent, le pouvoir, les bas instincts du Poney, tout cela fera éclater cette belle amitié. Mais pour l'instant, elle est là, éternelle semble-t-il. Peut-être, bien plus tard, le Poney félon, dans ses moments de remords (car le Poney deviendra vil, et suffisamment vil pour avoir des remords et les écraser ensuite), évoquera-t-il pour lui-même cette époque bénie par la musique, le soir en buvant un martini en contemplant la ville endormie depuis la terrasse de sa forteresse bâtie sur l'impôt arraché au peuple du Beau Pays. Qui aurait pu prédire que le Poney finirait ainsi ? N'importe qui peut aimer la musique, n'importe qui peut être un Poney, n'importe qui peut faire le mal. Tout le monde peut être vil. (La référence politique à la guerre d'Irak dans la planche 'Filipo Country' l'exprime clairement.)
Filipo Musik est aussi un symbole d'amitié parce que l'auteur m'a donné un exemplaire pour que je puisse l'offrir à ma sœur. Peut-être aussi, plus tard, Ludovic et moi deviendrons-nous d'aussi féroces ennemis que Filipo et le Poney. Après tout, nous avons dormi dans le même lit et Ludovic ronfle épouvantablement fort. Peut-être cet événement m'a-t-il traumatisé subtilement, mettant en branle une série d'événements qui aboutiront un jour à ma mainmise sur le destin de l'humanité. Peut-être alors Ludovic Pedrocchi se dressera-t-il contre ma tyrannie en me disant : « Souviens-toi de Filipo Musik ! » Pour notre avenir et celui de nos enfants, je l'espère de tout mon cœur. Voilà, tu sais tout, Nathalie.

Texte publié le 3 janvier 2005 sur http://achernar.over-blog.com/article-48441.html.

English as She is Spoke

Category: Phrasebook
Number of pages: 152
Language: Portuguese and English
Author(s): José da Fonseca & Pedro Carolino (edited by Paul Collins)
Publisher: The Collins Library
Year of publication: 1855 (this edition 2004)
ISBN: 1-932416-11-0
English as She is Spoke: Being a comprehensive phrasebook of the English language, written by men to whom English was entirely unknown features extracts from an infamous phrasebook. It was devised by a Portuguese man for the teaching of the Brazilian and Portuguese Youth which was unknowing of it. Because Pedro Carolino not know any much good English at the time being of the writing, he wizened man of letters used the José da Fonseca 1837 book Guide de le Conversation Française et Anglaise a French-English phrasebook to help himself, to no avail. The actual English title of his book was: The New Guide of the Conversation, in Portuguese and English, in Two Parts. The book became famous in 1869 when a reader of the Londonese journal Notes and Queries reported the happenstance of the book being used to teach children in Macao, which could explain every misunderstanding between Macao and Hong Kong in the years afterwards this fact.
The first and shortest part of the book is a vocabulary. Many everyday words like "flat-nose" or "vomitory" are presented. And because the Portuguese words are involvated too, the book is usable both in England and in Portugal.
The second part of the book gathers dialogues, anecdotes, idiotisms and proverbs both for everyday word-saying and for the edification of the spirit.

Review
This Carolino person was really unproficient in English phrasebook-making.
I on the other hand have one sister who is being gone once to Brazil. Add my fluency in English speaking and my perfect French and I indeed happen to know all three involvated languages in this "linguistic train wreck". But my Portuguese is not being as fluent as my English. Hitherto, I shall focus this review upon the chapter having been entitled 'The French language'. Carolino very smartly advised the readers of this phrasebook of him to drop it to learn French which is the supreme language:
"Then you learn the french language? You do well the french language becomes us all days too much necessary. What books have you there."
That is proof enough. This book is a must-read full of good advicing despite a few minor mistakes.
Plus, the reading of this book has been being advised to me by Greg Stafford in the 2004 Origins convention in Columbus, Ohio. And Greg Stafford is, like, very much intelligent and nice (though, oddly, he does not speak fluent French). And Greg Stafford give me a t-shirt then, too. If you advise this book to somebody please give him a t-shirt too. This way around, we can create a tradition, or maybe it is already being a tradition. Maybe I need to do give Greg Stafford's t-shirt to the next person I am advising the book onto. Anyways, it is XXXXL I think (it comes from the Midwest) so I could not wear it, nor Greg Stafford's who eats only tacos and burritos since he had himself having been moved to Oaxaca in Mexico. I have proudness of the tradition about English as She is Spoke.
I was aware already when I read this book that certain foreigners (unfrench people) do manage badly to understand and transmit the language of Shakespeare. I had seen the problem with the 'Hungarian phrasebook' of the famous and very hilarious band of the Monty Pythons: remember the sentence "My hovercraft is full of eels." which was being used to buy a ticket to cancer. But since it took place in 1970 the problem is entirely discrepancied because of the Red threat from Hungaria at the time. Back in those days then, democracies really needed to defend ourselves against the Reds, and if it had to mean a few mistakes in phrasebook-making it was all too well understandably.
Learn French!

Text first published the 1st of January, 2005 on http://achernar.over-blog.com/article-47748.html.

The Complete Griselda

Catégorie : œuvre littéraire liée au jeu de rôle
Jeux : HeroQuest, Hero Wars et RuneQuest
Nombre de pages : 224
Langage : anglais
Auteur(s) : Oliver Dickinson (avec Michael O’Brien, préface de Greg Stafford)
Éditeur : Issaries, Inc.
Année de parution : 2001
ISBN : 1-929052-11-1
Code éditeur : ISS 4502

The Complete Griselda est un recueil de nouvelles consacré à une aventurière de Glorantha, le monde créé par Greg Stafford en 1966, qui sert de cadre à plusieurs jeux de plateau (décrivant les conflits de la passe du Dragon et de Prax) et de rôle (RuneQuest en 1978, Hero Wars en 2000, HeroQuest en 2003) et à un jeu informatique (King of Dragon Pass). Il prend place dans la cité de Pavis, ville mythique perdue dans les étendues dangereuses du pays de Prax. Il se déroule principalement dans les tavernes de Pavis, et généralement chez “Loud Lilina” (Lilina la Crieuse). Il met en scène une communauté d'aventuriers à la petite semaine et d'escrocs dominés par la figure de Griselda, une belle rousse petite mais féroce. Les arnaques perpétrées par Griselda et sa bande sont contées dans le détail par Olaf Dickinson, dit le Conteur, un pilier de bar à la langue bien pendue.
Les textes rassemblés ici sont parus dans six numéros du magazine White Dwarf (1982-1984), dans le supplément Pavis (RuneQuest, 1983), en tant que scénario dans Big Rubble (RuneQuest, 1983), dans trois numéros de Different Worlds (1986-1987), dans huit numéros de Tales of the Reaching Moon (1989-1993), dans un numéro de Green Slime (1988), dans Gloranthan Visions (le recueil de nouvelles inclus dans la boîte de luxe Hero Wars, 2000), dans le Convulsion Programme Book (1992), dans Peoples of Pavis (1996) et un numéro de Tradetalk (2001). Ils ont fait l'objet d’un premier recueil en 1993, The Collected Griselda. En tout, vingt-huit nouvelles sont présentées, accompagnées de bonus plaisants, comme ces chansons à la gloire de Griselda.
La connaissance de Glorantha n'est pas requise pour comprendre et apprécier les nouvelles. Une introduction du monde et de la cité de Pavis, complétée par deux cartes, permet d'apprécier tout le sel des références qui sont faites.

Critique
Griselda, ne lui parlez pas d'amour.
Au niveau de la mise en page, rien à dire : c'est aéré et beau d'une beauté simple.
Le style est un pastiche avoué des histoires sur Broadway de Damon Runyon (1880-1946). Cette littérature orale est très agréable à lire. On peut peut-être la comparer à celle de Papillon (Henri Charrière, 1969), en raison de la présence de termes argotiques (pas particulièrement obscurs au demeurant) et du cadre social criminel ou semi-criminel dans lequel évoluent les personnages. L'humour sans complications dans lequel se plaît le texte est rafraîchissant. La réunion inaugurale de la Ligue de Soutien et de Conseil Mutuels des Aventurières, par exemple, est désopilante.
La cité de Pavis offre vraiment un cadre idéal aux exploits d'aventuriers plus proches de Cugel l'escroc que de Conan le musclé. Pour moi, la station spatiale Deep Space Nine de l'univers de Star Trek est une déclinaison du même principe : une communauté qui est tantôt entre les mains d'une faction, tantôt entre les mains d'une autre, et où tous les ennemis héréditaires se côtoient sans se sauter dessus, en vertu d'un modus vivendi tacite ou explicite, ce qui aboutit à des situations savoureuses : les Lunaires font semblant de ne pas voir certaines choses, tout le gratin de Pavis assiste aux duels qui se déroulent hors de l'enceinte de la nouvelle cité, etc.
Certaines nouvelles sont très courtes et, d'une manière générale, The Complete Griselda se lit difficilement comme un roman, d'une traite, mais plutôt comme un feuilleton avec ses personnages récurrents et ses fins convenues.
Pour un recueil de nouvelles écrites sur une si longue période, la cohérence de l'ensemble est surprenante, et ceci est dû à une excellente organisation des textes au début et à la fin du recueil. Avant de “rencontrer” Griselda, le lecteur en entend parler, et découvre Pavis. Puis vient l'héroïne, et nous sommes déjà conquis, nous la regardons évoluer avec affection, comme ces piliers de bar qui se mettent à parier sur ses chances de survie. Puis, après bien des aventures où le lecteur peut constater que la sauvagerie de Griselda tient surtout dans le regard et qu'elle peut se laisser attendrir ici et là, nous faisons un saut dans l'avenir, et rencontrons l'héroïne loin de Pavis. Là, elle raconte sa participation à un des événements marquants de la Guerre des Héros. Ce dernier entretien, qui n'est pas narré par Olaf Dickinson (l'alter ego de l’auteur), est baigné dans une ambiance crépusculaire : la “belle époque” de Pavis en tant que cité des aventuriers est finie. Il est temps de tourner la page…. Allons, chantons quelques chansons à la gloire de Griselda, bien dans l'esprit de RuneQuest.
D'autant plus que, comme l'explique Oliver Dickinson dans son introduction, Griselda ne semble pas taillée sur un moule Hero Wars (ou a fortiori HeroQuest). Pour le fils de fermier qui constitue l'aventurier typique de RuneQuest, elle représente un idéal aventurier : respectée, vive, belle, insérée dans une communauté de durs à cuirs qui entretiennent entre eux une amitié qui n'a rien d’évident. Et apolitique : la “Cause” de la libération de Sartar, peut lui chaut. Mais pour Argrath, elle est juste un soldat un peu plus costaud que les autres. Voilà ce qui t'arrive, Griselda, pour avoir traîné chez Lilina au lieu d'aller chercher les petites croix. Ah, toute une époque.

Texte publié le 29 décembre 2004 sur http://achernar.over-blog.com/article-45524.html.