The content society 3: value in a world of copiers

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The digital environment makes the old content economy obsolescent. This provides us with a chance to re-assess what is the value of content and, further, what is the purpose of value. Once again, I am trying to make sense of what is a very public debate in the 2010's.

Content is everywhere
Content is the purposeful product of intelligence. It's what gets out of brains.
The digitization of content has begun with easy, static content (pictures, music) and is slowly moving to less tangible, more complex outputs of human activity (automatized). Once digitized, content can appear as an unchanging series of 0s and 1s or as something more complex and dynamic.
Computers copy (digitized) content. That is what they do. Putting limits to the copying has been the policy of many organizations in the past few years. They do so because they extract value from the controlled distribution of content. Thus, they focus their efforts on the copy and not on the creation.

Value is relative
Value is a social feature. It has meaning within a society and, as such, it is bound. Value holds within these social bounds and disappears without.
The concept of value is linked to those of money and income. All of these concepts enable the social phenomenon of exchange. But what do we want to achieve as a society by exchanging? What should civilization be about? The answer informs all present and future policies and strategies about content.

A long way from spinning jennys
Let's say we become able to digitize the skill of a surgeon. Computers copy this content. In every place equipped with the proper tools, this skill becomes available. In those places and times, being a surgeon brings no value. If the digital surgeon becomes commonplace, perhaps all of a sudden all those medicine students will feel like they learned something akin to humanities, like French literature or Latin. Maybe medicine schools will get empty. Medicine will not become something you learn to heal people and get rich in the process. Being a doctor will be less about execution and more about research and innovation -there would still be room for thinkers about ways to improve the digital surgeon.
Using the old content industry model, the owner of the digital surgeon in an all-digital surgeon environment should receive a little less than all the money that is currently spent paying all the surgeons today. (That is a lot of money for dubious effects on society.) The current economic system rewards copies.
The doctor who likes surgery would not, in normal circumstances, be able to extract payment for an operation, provided anybody even accepts to undergo an operation with a human surgeon by then. He would be like a 20th century factory worker faced with the rise of the machines. He would fail to find proper employment.
The example is meant to make a point and not to predict the future. If anybody can copy at no cost on his or her computer the digital surgeon, does it mean that the copy has no value? Yes. Let us all recognize the fact. Does it mean that the content is worthless and civilization would not be diminished were it to become unavailable? No. We still need to be healed and this contribution to the welfare of the society needs to be rewarded and encouraged.
If we really insist on rewarding content with money, we should stop counting copies as the sole way to set value, and focus on rewarding content creation itself, or whatever gets known to us after transition to digital status.


FR



La société du contenu 3 : la valeur dans un monde de copieurs
L’environnement numérique rend obsolescente la vieille économie du contenu. C’est l’occasion de réétudier à la fois la valeur du contenu et la finalité de la valeur. Je tente ici de comprendre les éléments d’un débat devenu très public depuis quelques années.

Le contenu est partout
Le contenu est le produit de l’intelligence au service d’une intention. C’est ce qui sort de nos têtes.
La numérisation du contenu a commencé par le plus facile, le contenu statique (images, sons), et concerne désormais des contenus de moins en moins tangibles (par exemple, l’automatisation d’activités humaines complexes). Une fois numérisé, le contenu peut prendre la forme d’une série immuable de 0 et de 1 ou celle d’une structure plus élaborée et dynamique.
Les ordinateurs copient le contenu (numérisé). C’est leur nature. Beaucoup d’organisations promeuvent ces dernières années la fixation de limites au copiage. Elles le font parce qu’elles tirent profit de la maîtrise de la distribution du contenu. Pour cette raison, leurs efforts portent sur la copie plutôt que sur la création.

La valeur est relative
La valeur est intrinsèquement sociale. Elle a un sens dans le cadre de la société et pas au-delà de ses limites.
Le concept de valeur est lié à ceux d’argent et de revenu. Tous ces concepts rendent possible le phénomène social de l’échange. Mais que cherchons-nous à accomplir en tant que société en échangeant ? Que devrions-nous assigner comme objectif à la civilisation ? De la réponse dépendent les politiques et stratégies du contenu présentes et futures.

Le chemin parcouru depuis les métiers à tisser
Imaginons que nous devenions capables de numériser les compétences d’un chirurgien. Les ordinateurs copient ce contenu. Dans chaque lieu dûment équipé, ces compétences deviennent disponibles. Dans ce contexte, être un chirurgien n’a aucune valeur. Si un jour ce programme médical devient la norme, peut-être tous les étudiants en médecine se retrouveront-ils tout d’un coup avec l’impression d’avoir appris quelque chose qui relève plus des humanités, comme la littérature anglaise ou le latin. Les facultés de médecine pourraient se dépeupler. Ce cursus serait suivi pour d’autres raisons que juste soigner des gens et s’enrichir par la même occasion. La pratique de la médecine serait moins une question d’exécution et plus une démarche de recherche et d’innovation - le programme devrait encore pouvoir être amélioré.
Avec le vieux modèle de l’industrie du contenu, le propriétaire du chirurgien numérique, dans l’environnement couvert par son programme, devrait recevoir un petit peu moins d’argent que celui actuellement versé à tous les chirurgiens dans ce périmètre. (Cela représente beaucoup d’argent, avec des effets douteux sur la société.) Le système économique actuel récompense la copie.
Le médecin qui souhaite pratiquer une opération de chirurgie ne serait pas, dans des circonstances normales, capable de se faire payer, à supposer que quiconque à ce stade accepte de se faire opérer par un être humain. Il partagerait le destin des ouvriers d’usines confrontés à la mécanisation au vingtième siècle. Il ne pourrait pas trouver d’emploi relatif à sa formation.
Cet exemple est purement démonstratif et pas prédictif. Si n’importe qui peut copier sur son ordinateur le programme du chirurgien sans débourser un centime, cela signifie-t-il que cette copie n’a aucune valeur ? Oui. Reconnaissons ce fait. Pour autant, le contenu n’a-t-il aucune valeur et la civilisation gagnerait-elle à sa disparition ? Non. Nous avons encore besoin d’être soignés et cette contribution au bien-être collectif doit être récompensée et encouragée.
Si nous insistons sur le fait de récompenser un contenu avec de l’argent, nous devrions arrêter de considérer le nombre de copies comme le seul moyen de déterminer sa valeur, et récompenser avant tout la création du contenu lui-même, ou en tout cas ce qui nous devient connu après sa transition vers un format numérique.

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